Présentés comme obscures par les anti-schiste, les fluides de fracturation hydraulique sont pourtant tous connus et répertoriés. De plus, les eaux mélangées à ce fluide sont recyclées en fin de chaine, des lois et règles très strictes régissent ces produits.

Rappel technique sur l’utilisation d’additifs

Durant la fracturation hydraulique, de micro-fissures sont ouvertes sous l’effet de la pression; ces fissures doivent rester ouvertes pour permettre au gaz de schiste de s’échapper. À l’eau (potable ou non), l’on rajoute du sable et un mélange d’additifs, les proportions varient selon le sol:

Fluide de fracturation
Fluide de fracturation

Le dit fluide de fracturation est donc composé d’eau à 95%, de sable pour ~4% et le reste étant des additifs divers avec moins de ~1%. Ce sont ces 1%  qui semblent poser problème, ou du moins, qui semblent être obscurcis par certaines associations peu soucieuses de vérifier leurs sources.

Le nombre d’additifs utilisés lors de la fracturation, oscille entre 10 et 20 bactéricides pour éviter le développement bactérien au sein du puits, mais aussi anti-corrosifs pour protéger les parois du puits, ou gélifiants pour facilité le transport du sable dans l’eau. Ces fluides ne sont injectés que sur une durée variant de 2 à 5 jours, à comparer avec les 10-30 ans d’exploitation du puits.

L’eau de fracturation qui ressort (20-80%) lors de l’exploitation n’est pas reversée dans le champ du voisin, mais peut resservir à une autre fracturation, ou être traitée pour revenir à un état totalement potable et commercial.

Additifs variés mais contrôlés

Le mix des additifs utilisés lors de la fracturation n’est pas secret, comme le laisse entendre certains sites; le nom de chaque produit, sa concentration, sa provenance ainsi que la marque sont tous répertoriés pour chaque puits. Chaque mix est validé par les autorités compétentes, au niveau de l’État et des collectivités locales. Pour aller plus loin, les bases de données de chaque puits sont disponibles au public, sans aucune limitation, sur internet. Par exemple FracFocusData pour les États-Unis ou sur NGS Facts pour la Pologne.

Par exemple, pour le puits Zwierzyniec 1 en Pologne, exploité par Chevron Polska Energy Resources (N’hésitez pas à télécharger les pdf pour plus de précision):

Zwierzyniec 1, Pologne
Zwierzyniec 1, Pologne

En Europe, nous avons le REACH (Registration, Evaluation, Authorisation and Restriction of Chemicals), qui est le règlement sur l’enregistrement, l’évaluation, l’autorisation et les restrictions des substances chimiques. Chaque société doit strictement enregistrer la composition des fluides qu’il injecte dans le sol, via un Fiche de Données de Sécurité (FDS). Le transport des produits chimiques est lui aussi réglementé, par l’ECTA (European Chemical Transport Association).

Comparatif avec l’industrie alimentaire

Selon les mêmes organismes anti-schistes, il existerait plus de 200 additifs différents dans les fluides de fracking. Grave ? Non, par exemple le secteur alimentaire contient plus de 400 additifs(1) ! Autre point, on ne verse pas 200 additifs dans tous les puits, mais seulement 5-15, selon la configuration de la roche (tout comme l’on ne met pas 400 additifs dans votre nourriture…)

A titre d’exemple, les bonbons que vous donnez à vos enfants contiennent plus d’additifs(2) :  Gélifiants, triarylméthane (E131), acide citrique (E330), acide malique (E296), mono- et diglycérides d’acides gras (E471), polymère de galactose (E406), lutèine (caroténoïdes E161b), acide carminique (E120), anthocyanosides (E163), caroténoïde (E160), complexe cuivrique des chlorophylles (E141), diféruloylméthane (E100), triarylméthane (E131),… La peur provient des termes scientifiques complexes, pas des additifs en eux même, ni de leur nombre.

Et glou, et glou…

Pour démontrer l’absence de nocivité de ces produits, plusieurs dirigeants ont bu de ce liquide de fracturation(3). À commencer par le gouverneur du Colorado et ancien géologue, John Hickenlooper(4). Mais aussi des industriels comme Peter Dea, président et CEO de Cirque Resources LP(5) et Thomas D. Sheffield, Vice-Président de Pioneer(6):

  1. EUFIC: Food Additives approved by the EU []
  2. Open Food Facts: Haribo World Mix []
  3. Dailymail: Bosses toast to ‘harmless fracking’ []
  4. Washingtontimes: I drank fracking fluid, says Colorado Gov. John Hickenlooper []
  5. Forbes: Peter Dea []
  6. Pioneer: Leadership []
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